Dictature des sondages et manipulations des sondeurs
Comme cela faisait longtemps qu’on avait pas reçu les résultats d’une étude inutile, nous pouvons remercier Canal + d’avoir commandé à l’institut BVA un sondage aux résultats tellement pertinents. Réalisé auprès d’un échantillon de 1036 personnes selon la méthode des quotas (critères sexe, age, profession après une stratification par région), ce sondage s’avère relativement inutile.
Une étude sympa - une analyse qui manque de pertinence
Tout d’abord, quant à savoir si des français souhaiteraient que notre Président se représente, le plus pertinent aurait probablement d’interroger d’abord des individus ayant votés pour lui en 2007… nul n’a besoin de sortir de l’ENA ou de l’INSEAD pour se douter que les bolcheviks ne veulent pas qu’ils se présentent à nouveau. Les électeurs du FN qui ont voté pour notre Président et qui se sentent trahis ne doivent pas non plus être enclin à le soutenir à nouveau. Ceux qui soutiennent un des 43 candidats potentiels à la candidature au PS ne doivent pas non plus souhaiter que notre champion se représente. Bref dans l’échantillon sélectionné par BVA, il y a fort à parier que les 65% de gens qui souhaitent qu’il ne se représente pas sont à peu de choses près les mêmes qui n’avaient pas voté Sarkozy au 1er tour des élections présidentielles de 2007. Merci BVA de cette information.
Sarkozy, un score de premier tour en 2012 supérieur à celui de 2007 ?
Plus intéressant et qui passe complètement inaperçu dans cette étude - on devine que notre cher Président ferait un meilleur score au premier tour qu’il ne l’a fait en 2007. En effet, parmi ceux qui n’appartiennent pas au 65 % mis en avant par BVA, on s’aperçoit que 33 % des français interrogés souhaitent qu’il se représente. Une fois de plus, nul besoin de sortir de l’ENA ou de l’INSEAD pour imaginer que ceux qui déclarent “souhaiter qu’il se représente en 2012″ voteraient pour lui dès le premier tour… autrement dit, on aurait donc un score de premier tour de l’ordre de 33%. En 2007, le score de notre Président était de 31,18 %. Que faut-il en déduire ? Pour ma part, j’en déduis que le socle du premier tour est toujours présent. Nous sommes toujours autant à préférer Nicolas Sarkozy à tout autre candidat à la présidentielle - toute tendance politique confondue. Pour le coup, je remercie BVA et Canal + de nous filer l’info. Pour le coup, dans ce climat médiatique où on nous rappelle tous les jours que DDV a les crocs, que Rachida l’aurait trahi et que je ne sais plus qui veut le torpiller… c’est pas mal d’apprendre qu’en dépit de tous les efforts déployés par les “forces d’opposition obscures” déployées pour bloquer le pays, empêcher les réformes ou en ralentir la mise en place, les français ne sont pas dupes et ils sont au moins aussi nombreux à soutenir Nicolas Sarkozy !
Les chiffres sont purs - les interprétations corrompues
L’arithmétique est noble, lorsque des esprits malveillants agissent sur les chiffres pour “justifier” des analyses contestables, c’est tout un pan de la science statistique qui perd sa crédibilité. Le complexe des sciences non reconnues comme sciences pures à l’instar de la Mathématique ou de la Science Physique, c’est de recourir aux chiffres pour s’acheter une crédibilité. Par exemple, attirer l’attention sur un chiffre pour avancer l’idée qu’il y aurait une inquiétude à avoir est un procédé malsain. En page 3 de l’analyse commandée par Canal +, on peut lire que…”ce sont plutôt les 31 % de sympathisants de droite qui préfèrent que le président ne se représente pas qui peuvent l’inquiéter”. Personnellement, je pense que c’est plus BVA et Canal + qui peuvent s’en inquiéter que Nicolas Sarkozy et ses soutiens. En effet, que 31 % des sympathisants de droite ne souhaitent pas qu’il se représente signifie en premier lieu qu’il n’y a pas qu’une tendance politique à droite… René Rémond nous l’avait déjà appris il y a bien longtemps. Par contre, 68 % des sympathisants de droite souhaitent qu’il se représente… ce qui est de bonne augure. Les candidats de centre droit, d’extrême droite et les dissidents plus ou moins proches de l’UMP se partageraient ainsi 42 % des voix de droites au premier tour. Aucun ne serait en mesure de battre notre Président mais surtout aucun ne semblerait être en mesure de faire un meilleur score que le 1er candidat de gauche. Ce qui d’une part éloignerait le spectre agité par quelques uns d’un 21 avril inversé et d’autre part doit nous donner confiance pour cette présidentielle de 2012.
Sarkozy en 2012 : réélu avec un score plus large qu’en 2007 ?
C’est probablement la principale leçon à retenir de cette étude. En règle générale, au premier tour d’une élection présidentielle, l’électeur choisit son candidat et au second tour, il élimine celui qu’il ne veut pas. L’étude de BVA commandée par Canal + nous apprend donc qu’au premier tour de l’élection présidentielle de 2012, Nicolas Sarkozy candidat recueillerait près de 33 % des intentions de vote. Il arriverait vraisemblablement en tête et serait opposé à un candidat “de gauche” puisque le Front National ne pourrait être au second tour. Tout au plus il ferait 31% des voix de droites… ce qui serait largement insuffisant pour espérer être au second tour. Donc le scénario d’un 21 avril inversé est uniquement l’apanage de ceux qui l’espèrent inconsciemment.
Intéressant donc cette étude qui nous conduirait à un second tour opposant Nicolas Sarkozy - fort d’une base de premier tour renforcée - à un candidat de gauche. Quand on se souvient de l’écart entre l’égérie socialiste et notre Président au second tour, on peut être confiant. D’autant qu’en page 7 du rapport de BVA, on peut lire que près de 11% des électeurs de gauche souhaitent qu’il se représente… de là à en déduire que des électeurs pourraient voter à gauche au premier tour et voter Sarkozy au second, il n’y a qu’un pas que quelques éminents sondeurs pourraient franchir prochainement en fonction des prochaines études statistiques.
En conclusion, restons dans l’espérance !
Les “forces de gauche” - tristement assimilables aux forces obscures de Star Wars - peuvent faire étalage de leur pouvoir de nuisance, de contre-production et de démagogie sociale, elles ne parviendront pas à briser la confiance des français dans l’action de leur Président. Ils peuvent continuer de rêver du grand soir. Ceux qui doivent attendre plus d’une heure pour voir passer un TER en gare, ceux qui en ont ras le bol des “mouvements sociaux” façon chantage économique, ceux qui sont obligés de bosser dur et beaucoup pour gagner des sous et régler les impôts institutionnalisés par les alliances socialo-communistes des années 80-90, ceux là savent pertinemment que la situation est très difficile mais qu’avec un autre capitaine aux commandes, ce serait désastreux.
N.B : Faites votre propre interprétation des chiffres et retrouver “l’analyse” de BVA commandée / commanditée par Canal + en cliquant ici.